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Historique

L'Association de la Presse Etrangère (APES) a vu le jour le 25 mars 1966. L'assemblée générale constitutive s'est tenue dans les locaux du journal Le Moniteur africain, mensuel d'informations générales dirigé par Obèye Diop, un des pionniers de la presse sénégalaise, voire africaine.

Le compte rendu de séance de l’assemblée générale constitutive de l’APES renseigne sur les membres fondateurs. Ils étaient au nombre de quatorze dont cinq, pour des raisons liées à des contraintes professionnelles, n’ont pu prendre part à la réunion.
Un des absents est élu président de l’association. Il s’agit de Simon Kiba. De nationalité voltaïque (de la Haute-Volta, ancien nom du Burkina Faso), Kiba est correspondant de Bingo, l’une des rares revues africaines de l’époque.

Outre Kiba, le premier bureau de l’APES compte comme vice-président Pierre Biarnes, correspondant du quotidien français Le Monde. Le secrétaire général est Jean Anne Chalet, de l’Agence France-Presse (AFP), tandis que Alexandre Kovaloff de l’agence de presse soviétique Tass occupe les fonctions de trésorier, avec pour adjoint Herald Ernst, travaillant comme correspondant de l’agence est-allemande ADN.

Les débuts

L’histoire retiendra aussi qu’une seule femme figure parmi ceux qui ont porté l’APES sur les fonts baptismaux. Maia Bracher, élue membre simple du bureau, en même temps que Abramov, de l’autre agence soviétique Novosti, et Paul Benoît travaillant pour Radio-France. Un seul journaliste sénégalais figure parmi les fondateurs de l’APES : E. J. Senghor. Cependant, les archives n’indiquent pas l’organe dont il était le correspondant.

Par récépissé en date du 15 juillet 1966, le ministère sénégalais de l’Intérieur reconnaît officiellement l’existence de l’APES.

L’association, ainsi qu’il apparaît dans les statuts, a pour but "la défense des intérêts professionnels, matériels et moraux de ses membres". Elle vise aussi à "développer les relations de ses membres entre eux et avec les différents secteurs de l’opinion publique sénégalaise et étrangère, afin d’être mieux à même de faire connaître à l’étranger les réalités sénégalaises et africaines".

Deux générations de correspondants étrangers se sont succédé depuis 1966. Presque exclusivement composée de journalistes étrangers, l’APES s’est élargie à des professionnels locaux de plus en plus nombreux à travailler comme correspondants de la presse étrangère.

M. Simon Kiba, aujourd’hui décédé, a occupé la présidence de l’APES jusqu’en mai 1981, date à laquelle lui succède Pierre Biarnes du quotidien français Le Monde. A la suite de Biarnes, Anne-Marie Cap Impe du journal belge La Cité prend la présidence. Elle restera très peu de temps à la tête de l’association puisqu’elle devra quitter son poste de correspondante à Dakar.

Mustapha El Kadaoui de l’agence marocaine MAP, Nicolas Balique de RFI, Abdelhamid Kacha d’Algérie Presse Service, Mohammed Khabbachi de la MAP, Jean-Noël Gilet de l’AFP, Brigitte Breuillac, correspondante du Monde et de Libération, et Saliou Traoré de l’agence de presse espagnole EFE se succèderont tour à tour à la présidence.

Période troublée

En mars 2004, Jean-François Bélanger de CBC/Radio-Canada - qui a su insuffler un nouveau dynamisme à l’association durant son mandat - prend la tête de l’association dans un contexte assez difficile, caractérisé par une détérioration des relations entre les autorités gouvernementales et la presse d’une manière générale. Des relations ayant atteint leur point le plus bas avec l’expulsion, en octobre 2003, de Sophie Malibeaux, envoyée spéciale permanente de RFI.

Fait inédit dans les annales de la presse étrangère au Sénégal, l’expulsion de notre consœur, accusée de diffusion de nouvelles tendant à saboter le processus de paix en Casamance (sud du pays), a suscité une vague d’indignation et de protestation, au plan national comme international. Cette attitude des autorités sénégalaises a été unanimement condamnée parce que perçue comme une atteinte grave à la liberté de la presse.

Il faut mentionner, au chapitre des événements fâcheux vécus par la presse étrangère au Sénégal, l’agression perpétrée en 1993 contre Nicolas Balique, autre envoyé permanent de RFI, par des militants du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) alors dans l’opposition. Accusé, à tort, d’être l’auteur d’un papier défavorable au parti, il été pris à partie au domicile d’Abdoulaye Wade, au Point E, à Dakar, et passé à tabac par les "calots bleus" (garde rapprochée du M. Wade) et son véhicule incendié. Cet acte a été vivement dénoncé et condamné par l’opinion.

Epoque dorée

La vie de l’APES tout au long de ses presque cinq décennies d’existence est faite de hauts et de bas, des périodes d’intenses activités alternant avec des moments de léthargie.

La période de 1994-1996 restera cependant comme un moment de grande effervescence, avec le lancement de la formule des petits déjeuners de la presse étrangère. Parmi les premiers invités, figurent le gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à l’époque, Charles Konan Banny et Amadou Makhtar Mbow, ancien directeur général de l’Unesco.

C’est dans cette période qu’a été célébré le trentième anniversaire de l’APES marqué par l’organisation d’un tournoi de football regroupant les différents organes de presse de la place. Tournoi doté d’un trophée APES, remis au vainqueur (l’équipe des agenciers formée autour de l’APS) par le ministre de l’Information de l’époque, Serigne Diop. Une conférence publique animée par Babacar Fall, directeur général de la PANA a aussi été un point fort de cet événement qui devrait se renouveler en 2016 à l’occasion des 50 ans de l’APES.

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